À l'occasion du premier anniversaire de l'Académie des Neurones, j'ai eu le plaisir d'animer un atelier de découverte du Jeu du RoiReine auprès d'un public composé de professionnels de l'accompagnement, de la formation et du développement des compétences. Anne-Laure Nouvion, directrice de l'Académie des Neurones, partage les raisons pour lesquelles elle a souhaité proposer cette expérience à sa communauté et ce qu'elle en retient.
Qu'est-ce qui t'a donné envie de proposer le Jeu du RoiReine lors de cette journée anniversaire ?
Pour ce premier anniversaire, je voulais offrir à mes participants une journée où l'on ne parle pas seulement du changement, mais où on le vit ! Jean-Philippe m’a proposé son atelier et ça a été une évidence ! Je connais sa façon de guider un groupe, avec bienveillance, en sécurisant chacun, tout en veillant à la profondeur de l'expérience. Il y avait aussi mon envie d'offrir quelque chose à la communauté de l’Académie des Neurones. Un temps gratuit, sans visée commerciale, juste un espace pour se rencontrer autrement.
En quoi ce dispositif fait-il écho aux valeurs ou à la pédagogie de l'Académie des Neurones ?
Mon dada, c'est de rendre visible l'invisible. À l'ADN, j'emprunte pour cela le chemin des neurosciences, de la psychologie du travail et de ma méthode des 7 clés, afin d'éclairer ce qui freine ou soutient l'action sans que nous en ayons conscience. Le Jeu du RoiReine passe par une autre route — le jeu de rôle, la fiction, le corps — mais il vise le même endroit : rendre visible des mécanismes internes qui échappent au discours. C'est précisément ce croisement qui m'intéresse. Et nous partageons une même manière de faire : proposer une expérience dans laquelle chacun puise ce qui lui parle, à son rythme.
Qu’as-tu observé chez les participants pendant ou après l'atelier ?
J'avoue que j'étais déjà bien prise par la soirée des 1 an qui approchait, mais j'ai malgré tout pris la température du groupe à la sortie de l'atelier. Toutes et tous semblaient revenir d'un voyage intérieur puissant. Certains m'ont dit avoir reconnu quelque chose de très familier de leur vie professionnelle ou personnelle dans une situation qui n'avait pourtant aucun rapport avec la scène initiale. Et il en restait quelque chose le soir : l'atelier a continué à circuler dans les conversations pendant toute la soirée anniversaire. C'est souvent le meilleur indicateur — quand une expérience continue de travailler les gens après coup.
Selon toi, qu'apporte le Jeu que d'autres approches proposent moins ?
Le détour par le jeu et la symbolique. Quand on aborde frontalement une problématique, une part de nous monte la garde : on argumente, on justifie, on se protège. Le royaume imaginaire déplace la scène, et ce qui se joue intérieurement peut enfin se dévoiler. Beaucoup d'approches offrent d'abord des clés de compréhension (dont la mienne 😅) ; celle-ci fait éprouver, et la compréhension vient ensuite, par un chemin plus subtil. À quoi s'ajoute le groupe, qui fait miroir : on ne se voit jamais aussi bien que dans les réactions des autres !



